Poème « Métissages » par Georges Friedenkraft

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lumières (@Dallet)

le poète Georges Friedenkraft nous adresse pour l’année 2017 son poème Métissages, écrit en français, traduit en anglais, dans ce mélange heureux  des langues  qu’il dédie à ses enfants …

 

Pour mes enfants

Ils m’ont dit que tes mains seraient

moitié sapin moitié rizière

aussi pâles que les bouleaux

aussi dorées que les volcans

 

Ils m’ont dit que tes dents seraient

moitié tigre moitié panthère

blanches et serrées comme un roc

dures et bleues comme un couteau

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Ils m’ont dit que tes yeux seraient

moitié iris moitié jachère

les bourgeons d’un saule amoureux

la ride fleurie d’un ruisseau

 

Ils m’ont dit tout cela ma douce

moitié plaisants moitié sévères

ceux qui voulaient figer de mots

le caprice ailé de tes jeux

 

Mais n’en déplaise aux médecins

aux savants et aux infirmières

bébé tu es tout à la fois

tigre et mouton, iris et chêne

 

Un petit peu du riz d’orient

mais aussi le blé millénaire

un petit peu de sapin blond

mais aussi le bois noir des îles

 

Il n’est rien de plus chatoyant

et je le sais comme ta mère

que deux races deux horizons

deux peaux deux sangs qui se mélangent

 

Enfant tu es tout à la fois

ce qu’ils ont dit et le contraire

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Mixed heritage

 

For my children

I was told that your hands

Will be half pine trees half paddy-fields

As pale as birches

As golden as volcanoes

 

I was told that your teeth

Will be half tiger half panther

White and firm as a rock

Strong and blue as a knife

 

I was told that your eyes

Will be half iris half furrow

The blossoms of a lovelorn willow

The ripple flowering from a stream

 

They told me all this my sweet

Half in mirth half in earnest

Those who wish to retain in word

Your winged caprice at play

 

With all respect due to doctors,

Intellectuals and nurses

My baby, you are at the same time

Tiger and lamb, iris and oak

 

A little bit of the rice of the Orient

And also the millenary wheat

A little bit of the blond pine

And also the blackened wood of the islands

 

The is nothing more splendid

And I know it as well as your mother

Than two races two horizons

Two complexions two lineages joined

 

My child, you are all and the contrary

Of what has been said of you.

(Adaptation into English: Wan Hua GOH-CHAPOUTHIER)

 

 

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